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Son histoire

La Caisse d'Epargne Normandie est ancrée dans la vie et l’histoire de son territoire depuis le 30 mars 1820, date de la fondation de la Caisse d’Epargne et de prévoyance de Seine Inférieure. Aujourd’hui, la Caisse d’Epargne Normandie continue d’innover pour offrir à ses clients les solutions les plus adaptées à leurs besoins et projets.

 

Les Caisses d’Epargne de Rouen (1820) et du Havre (1822) font toutes deux parties des dix premières Caisses d’Epargne fondées dans l’hexagone. Toutes les deux possèdent une activité maritime ou fluviale déterminante pour l’économie du pays et une population spécifique – les marins – qui semblent avoir une capacité d’épargne supérieure à celles des autres classes « laborieuses » et représentent autant de futurs déposants susceptibles de faire le succès du nouvel établissement. La Caisse d’Epargne de Rouen est fondée sous l’impulsion du receveur général des finances du département - Jacques Reiset - lequel a participé à la création de celle de Paris. Au Havre, elle doit sa naissance à la Chambre de commerce de la ville.

Grâce à la nouvelle institution, les fondateurs souhaitent contrer les risques nés de l’essor de l’ère industrielle et notamment le paupérisme qu’il engendre. Ils entendent offrir au plus grand nombre les moyens de bien utiliser son argent et de l’émanciper de toute dépendance matérielle. À une époque où il n’existe aucun organisme de dépôts ouvert à tous, ils destinent la nouvelle institution aux travailleurs modestes, comblant ainsi un manque dans le paysage économique français. La création de la Caisse d’Epargne marque l’avènement de la démocratisation financière. Instrument de lutte contre la pauvreté, la Caisse d’Epargne est un moyen de moralisation des « classes populaires » aux yeux de ses administrateurs.


La pédagogie de l’argent

Le projet de la Caisse d’Epargne est aussi de nature pédagogique. Pour changer l’homme, il faut l’éduquer. L’éducation à l’épargne, l’alphabétisation monétaire constituent des éléments clefs de leur projet. Pour ce faire, les fondateurs des Caisses d’Epargne créent un instrument financier novateur, ouvert à tous sans exclusive d’âge ni de sexe (il est accessible aux femmes et aux enfants mineurs), très simple d’utilisation et portant intérêt : le livret. L’apprentissage à l’épargne, dispensé dans les écoles au travers de l’épargne scolaire - qui connait un vif succès en Normandie à partir des années 1890 -, les actions de formation à l’éducation financière menées aujourd’hui par l’Association Finances & Pédagogie, rendent compte de la pérennité de ce projet initial.


1820 1836 1837 1838
Rouen
1820
L'Aigle 
1836
Yvetot
1837
Condé-sur-Noireau
1838 

L’ancrage sur les territoires

Les Caisses d’Epargne obtiennent une reconnaissance officielle en 1835 et deviennent « établissement d’utilité publique ». Elles conserveront ce statut sui generis si particulier jusqu’à la loi de 1999 et leur transformation en banques coopératives.

Dans la foulée de la loi de 1835 et grâce à elle, débute, au milieu des années 1830, une nouvelle phase de fondations en Normandie. La plupart des Caisses d’Epargne qui voient le jour possèdent alors le statut municipal, leur création étant en effet encouragée par les instances gouvernementales et préfectorales. La Basse-Normandie se dote alors rapidement de ses premières Caisses d’Epargne : 15 entre 1834 et 1836 ; la Haute-Normandie en compte à la même date 10. En 1880, après la création de l’ultime Caisse normande (à Trouville), la région possède 46 établissements. Ce maillage est complété par la création de succursales, notamment en milieu rural, puis à partir de 1955 par la mise en service de cars succursales. La Caisse d’Epargne invente du même coup la notion de réseau d’agences dans le domaine bancaire. Son succès ne se démentira plus.

Afin de mieux servir leur clientèle, dont le nombre va croissant, les Caisses d’Epargne de la région embauchent peu à peu du personnel et, au départ abritées dans des locaux exigus prêtés par les mairies, s’implantent dans des bâtiments plus vastes. A la fin du XIXe siècle, nombre d’entre elles construisent leurs "hôtels" dans un style architectural dit « éclectique » qui fait la part belle à la statuaire et à l’ornementation, et décore frontons et façades de figures allégoriques vantant les vertus de l’épargne et de la prévoyance.


Le financement d’œuvres d’intérêt général 

Depuis 1837, les fonds du livret sont confiés à la Caisse des dépôts et consignations, qui en assure seule la gestion. Ce faisant, les Caisses d’Epargne deviennent de simples collecteurs de fonds, sans aucune initiative sur l’emploi qu’il en est fait. Elles peuvent néanmoins, à partir de 1895, utiliser une partie de leur fortune personnelle pour financer des œuvres et associations d’intérêt général. C’est ainsi que de nombreuses Caisses d’Epargne consentent dès la fin du XIXe siècle des prêts pour la construction des habitations à bon marché (ancêtre des HLM), comme, entre autres exemples, à Rouen, au Havre, à Gournay ou à Caen. D’autres emplois de fonds se développent parallèlement : Yvetot finance le téléphone ; le Havre prête au mont-de-piété. Les Caisses d’Epargne subventionnent également, dans l’entre-deux-guerres, la mise en place de jardins ouvriers et la construction de bains-douches. Celle d’Evreux gère les deux établissements simultanément. Elles consentent enfin des subventions à de très nombreuses associations de proximité qui œuvrent pour le bien-être des populations locales : dons aux bureaux de bienfaisance, aux hospices de nuit, distributions de subsides aux chômeurs de la ville, aides pour la protection maternelle et infantile, etc..

En 1950, une loi autorise les Caisses d’Epargne à utiliser une partie de leurs fonds à des prêts aux collectivités locales et organismes de logement sociaux. Les Caisses d’Epargne normandes participent alors pleinement à la modernisation de leur région, laquelle, plus que d’autres, a été fortement touchée par les bombardements et dont les infrastructures sont pour grande partie détruites : financements pour la construction d’HLM, d’écoles, de maisons de retraite, d’édifices culturels et sportifs, de bâtiments municipaux, de transports publics, d’ouvrages d’art, de travaux de voiries et d’assainissement…
 

La bancarisation des activités

Dans les années 1966-67, sous l’impulsion de la réforme des institutions financières, les Caisses d’Epargne sont invitées à développer de nouveaux produits et à moderniser leurs services, pour faire face à la concurrence. La palette de leurs produits s’enrichit rapidement. Dans le même temps, le nombre de salariés augmente, les ouvertures d’agences se multiplient, l’informatique s’inscrit dans le quotidien des agences, les premiers distributeurs automatiques sont installés au début des années 1980.

En 1983, les Caisses d’Epargne sont consacrées « établissement de crédit » et deviennent une banque de plein exercice. Elles peuvent désormais proposer l’ensemble des services et produits bancaires à leur clientèle et s’ouvrent, en 1987, au marché des professionnels et entreprises.


La naissance d’une grande banque régionale

Pour répondre à la diversification de leurs métiers entraînée par la libéralisation de l’environnement économique et financier et la pression de la concurrence, les Caisses d’Epargne rationalisent leur organisation. Cette rationalisation passe par des fusions successives, afin de créer des entités régionales à l’assise financière plus puissante. Dans les années 1970, de premiers regroupements aboutissent à la création de Caisses de taille supérieure dont le périmètre géographique s’étend au-delà de la ville : Estuaire de la Seine en 1970, Val de Vère en 1971, Nord du Pays d’Auge en 1973, etc. Le rythme des fusions s’accélère dans les années 1980. À l’aube de 1990, on ne compte plus que 12 Caisses d’Epargne autonomes en Normandie. Suite à une grande reconfiguration nationale, elles sont regroupées, en 1991, autour de deux grandes Caisses d’Epargne régionales : Haute et Basse Normandie. Ces deux dernières entités fusionnent à leur tour le 2 juin 2008 pour créer la Caisse d’Epargne Normandie.


La transformation en banque coopérative
 

En 1999, les Caisses d’Epargne adoptent le statut coopératif. Leur capital est alors ouvert aux sociétaires, par souscription de parts sociales. Aujourd'hui, elles ont plus de 4 millions de sociétaires. La Caisse d'Epargne Normandie en compte près de 180 000 réunis au sein de 7 sociétés locales d'épargne.

Acteur bancaire régional de premier plan sur le marché des particuliers, la Caisse d'Epargne de Normandie pérennise les liens qu’elle a tissé, depuis l’origine, au plus proche de son territoire, au travers des activités menées auprès des « décideurs en régions », comme au travers des actions d’engagement sociétal qu’elle engage chaque année (microfinance et philanthropie).

 
                

Voir également

Sa gouvernance

La Caisse d'Epargne Normandie est une société anonyme coopérative à capital fixe et à directoire, et conseil d’orientation et de surveillance (COS). Cela se traduit par une séparation des pouvoirs entre les fonctions de direction d’une part et de contrôle d’autre part. Les réformes du droit des sociétés notamment en matière de gouvernance d’entreprise vont d’ailleurs toutes dans ce sens.  

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Sa dimension coopérative

La Caisse d'Epargne Normandie est une banque coopérative. Ses clients peuvent en devenir plus pleinement acteurs en faisant l'acquisition de parts sociales auprès de l'une des sept sociétés locales d'épargne (SLE) qui en détiennent le capital. La détention de ces parts sociales leur confère le statut de sociétaires.

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Son activité

La Caisse d'Epargne Normandie est un acteur majeur du développement de son territoire. Elle apporte un soutien concret et puissant à l'économie normande.

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