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Son histoire

C’est à Marseille, le 3 janvier 1823 que la 5e Caisse d’Epargne française est fondée, à l’initiative du préfet, le comte de Villeneuve Bargemon. Caisse du « département des bouches du Rhône », alors que ses consœurs créées à la même époque le sont pour une ville, elle acquière d’emblée une dimension géographique importante.

Ses fondateurs et premiers administrateurs sont pour la plupart issus de la haute administration départementale, de la magistrature ou du haut clergé. Grâce à la nouvelle institution, ils entendent contrer les risques nés de l’essor de l’ère industrielle et notamment le paupérisme qu’il engendre. Ils souhaitent offrir au plus grand nombre les moyens de bien utiliser son argent et de l’émanciper de toute dépendance matérielle. À une époque où il n’existe aucun organisme de dépôts ouvert à tous, ils destinent la nouvelle institution aux travailleurs modestes, comblant ainsi un manque dans le paysage économique français. La création des Caisses d’Epargne marque l’avènement de la démocratisation financière. Instrument de lutte contre la pauvreté, elles sont un moyen de moralisation des « classes populaires » aux yeux de leurs administrateurs. « Avec la Caisses d’Epargne, fleuriront l’ordre, les mœurs, l’économie, ces vertus modestes qui font le bonheur des hommes », explique ainsi le président de la Caisse marseillaise en 1820.


La pédagogie de l’argent

Le projet de la Caisse d’Epargne est aussi de nature pédagogique. Pour changer l’homme, il faut l’éduquer. L’éducation à l’épargne, l’alphabétisation monétaire constituent des éléments clefs de leur projet. Pour ce faire, les fondateurs des Caisses d’Epargne créent un instrument financier novateur, ouvert à tous sans exclusive d’âge ni de sexe (il est accessible aux femmes et aux enfants mineurs), très simple d’utilisation et portant intérêt : le livret. L’apprentissage de l’épargne est également dispensé dans les écoles au travers de l’épargne scolaire, initiative née au Mans en 1834. La Caisse d’Epargne de Marseille reste longtemps réticente à cette pratique, redoutant que celle-ci ne développe l’égoïsme chez les enfants. Il faut attendre les années 1890 pour qu’elle la développe dans les Bouches du Rhône, en lien avec les instituteurs. Les actions de formation à l’éducation financière menées aujourd’hui par l’Association Finances & Pédagogie rendent compte de la pérennité de ce projet initial.


L’ancrage sur les territoires

Les Caisses d’Epargne obtiennent une reconnaissance officielle en 1835 et deviennent « établissement d’utilité publique ». Elles conserveront ce statut sui generis si particulier jusqu’à la loi de 1999 et leur transformation en banques coopératives.

A l’exception de celle d’Avignon fondée en 1832, il faut attendre cette loi de 1835 pour voir se multiplier les créations de Caisses d’Epargne en Provence-Alpes Corse. 5 établissements voient le jour entre 1836 ; 7 dans les années 1840 ; 6 dans les années 1850, portant ainsi à 21 le nombre d’établissements (parmi elles, deux Caisses corses, celle d’Ile Rousse et de Calvi fermeront leurs portes quelques années après leur création). La plupart des Caisses d’Epargne possèdent alors le statut municipal, leur création étant en effet encouragée par les instances gouvernementales et préfectorales. Les DOM comptent quant à elles 9 Caisses d’Epargne au début du XXe siècle. Celle de Saint-Pierre de la Martinique, détruite lors de l’éruption de la montagne Pelée en 1902, ne sera jamais rouverte. Ce maillage du territoire est complété par la création de succursales et de bureaux auxiliaires (en 1887 Marseille ouvre les premiers bureaux dans les parties ouvrières de la ville, à La Joliette et avenue de la Capelette), puis à partir de 1955 par la mise en service de cars succursales. La Caisse d’Epargne invente du même coup la notion de réseau d’agences dans le domaine bancaire. Son succès ne se démentira plus.

Afin de mieux servir leur clientèle, dont le nombre va croissant, les Caisses d’Epargne de la région embauchent peu à peu du personnel et, au départ abritées dans des locaux exigus prêtés par les mairies, s’implantent dans des bâtiments plus vastes. A la fin du XIXe siècle, nombre d’entre elles construisent leurs hôtels » dans un style architectural dit « éclectique » qui fait la part belle à la statuaire et à l’ornementation, et décore frontons et façades de figures allégoriques vantant les vertus de l’épargne et de la prévoyance. La Caisse d’Epargne des Bouches du Rhône constitue l’un des fleurons de cette architecture. Véritable « temple de l’épargne, elle a été construite et décorée par les artistes les plus en vogue de l’époque, pour leur grande majorité grands prix de Rome.


Le financement d’œuvres d’intérêt général

Depuis 1837, les fonds du livret sont confiés à la Caisse des dépôts et consignations, qui en assure seule la gestion. Ce faisant, les Caisses d’Epargne deviennent de simples collecteurs de fonds, sans aucune initiative sur l’emploi qu’il en est fait.

A Marseille, Eugène Rostand, président de la Caisse d’Epargne des Bouches du Rhône de 1886 à 1915, milite avec passion pour permettre aux Caisses d’Epargne françaises, à l’instar de leurs consœurs italiennes ou allemandes, de bénéficier du libre emploi de leurs fonds, afin que ceux-ci puissent bénéficier à l’économie locale. Cette liberté ne leur est finalement pas accordée. Elles peuvent néanmoins, à partir de 1895, utiliser une partie de leur fortune personnelle pour financer des œuvres et associations d’intérêt général. Et notamment le logement social. La Caisse d’Epargne des Bouches du Rhône, en pionnière, n’a pas attendu le législateur pour s’engager dans la construction de logements sociaux, notamment à la Capelette. Sur son exemple, après 1895, de nombreuses Caisses d’Epargne consentent dès la fin du XIXe siècle des prêts pour la construction des habitations à bon marché (ancêtre des HLM). Les Caisses d’Epargne subventionnent également, dans l’entre-deux-guerres, la mise en place de jardins ouvriers et la construction de bains-douches. Elles consentent enfin des subventions à de très nombreuses associations de proximité qui œuvrent pour le bien-être des populations locales : dons aux bureaux de bienfaisance, aux hospices de nuit, distributions de subsides aux chômeurs de la ville, aides pour la protection maternelle et infantile, etc. A Marseille, dès la fin du XIXe siècle, la Caisse d’Epargne multiplie les initiatives innovantes : elle soutient les chômeurs, propose des prêts aux ouvriers pour l’acquisition de leur instrument de travail ou de leur logement, subventionnent la création des banques populaires et caisse de crédit agricole naissantes, etc.

En 1950, une loi autorise les Caisses d’Epargne à utiliser une partie de leurs fonds à des prêts aux collectivités locales et organismes de logement sociaux. Les Caisses d’Epargne de Provence Alpes Corse participent alors pleinement à la modernisation de leur région : financements pour la construction d’HLM, d’écoles, de crèche, de maisons de retraite, d’édifices culturels et sportifs, de bâtiments municipaux, de transports publics, d’ouvrages d’art, de travaux de voiries et d’assainissement…


La bancarisation des activités

Dans les années 1966-67, sous l’impulsion de la réforme des institutions financières, les Caisses d’Epargne sont invitées à développer de nouveaux produits et à moderniser leurs services, pour faire face à la concurrence. La palette de leurs produits s’enrichit rapidement. Dans le même temps, le nombre de salariés augmente, les ouvertures d’agences se multiplient, l’informatique s’inscrit dans le quotidien des agences, les premiers distributeurs automatiques sont installés au début des années 1980.

En 1983, les Caisses d’Epargne sont consacrées « établissement de crédit » et deviennent une banque de plein exercice. Elles peuvent désormais proposer l’ensemble des services et produits bancaires à leur clientèle et s’ouvrent, en 1987, au marché des professionnels et entreprises.


La naissance d’une grande banque régionale

Pour répondre à la diversification de leurs métiers entraînée par la libéralisation de l’environnement économique et financier et la pression de la concurrence, les Caisses d’Epargne rationalisent leur organisation. Cette rationalisation passe par des fusions successives, afin de créer des entités régionales à l’assise financière plus puissante. Les premiers regroupements débutent dans la région Provence Alpes Corse en 1973, date à laquelle les deux Caisses d’Epargne subsistant en Corse rejoignent celle de Marseille. A la fin des années 1970, ils restent encore 15 Caisses d’Epargne autonomes dans la région. Au cours de la décennie 1980, ce mouvement s’accélère. À l’aube de 1990, on n’en compte plus que 7. Suite à une grande reconfiguration nationale, ces dernières fusionnent le 15octobre 1991 pour former la Caisse d’Epargne de Provence-Alpes-Corse. Les Caisses d’Epargne de la Réunion, de la Guadeloupe et de la Martinique rejoignent enfin cette dernière successivement en 1996, 2005 et 2007.


La transformation en banque coopérative

En 1999, les Caisses d’Epargne adoptent le statut coopératif. Leur capital est alors ouvert aux sociétaires, par souscription de parts sociales. Aujourd'hui, elles ont plus de 4 millions de sociétaires.

Acteur bancaire régional de premier plan sur le marché des particuliers, la Caisse d’Epargne Provence-Alpes Corse pérennise les liens qu’elle a tissé, depuis l’origine, au plus proche de son territoire, au travers des activités menées auprès des « décideurs en régions », comme au travers des actions d’engagement sociétal qu’elle engage chaque année (microfinance et philanthropie).

 
                

Voir également

Son fonctionnement

La marque Caisse d’Epargne, c’est un réseau de 17 banques régionales indépendantes fédéré par une fédération nationale (la FNCE) et encadré par un organe central (BPCE). Chaque Caisse d’Epargne régionale est dirigée par un directoire sous le contrôle d'un conseil d'orientation et de surveillance (COS).

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Sa dimension coopérative

Proximité, enracinement local : la Caisse d’Epargne compte parmi les premières banques de leur région. Avec une offre complète en bancassurance, elle accompagne dans leurs projets l’ensemble des acteurs économiques qu’ils soient particuliers, professionnels, entreprises, associations, collectivités locales…

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