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Son histoire

C’est le 10 avril 1822 que naît, à l’hôtel de ville de Lyon, la Caisse d’Epargne et de prévoyance du Rhône, à l’initiative du préfet du département, le comte de Tournon, et du maire de la ville, le baron Rambaud.

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Grâce à cette nouvelle institution, ses fondateurs et premiers administrateurs, pour la plupart des négociants, entendent contrer les risques nés de l’essor de l’ère industrielle et notamment le paupérisme qu’il engendre. Ils souhaitent offrir au plus grand nombre les moyens de bien utiliser son argent et de l’émanciper de toute dépendance matérielle. « La prévoyance […] serait pour le peuple la plus nécessaire des vertus » explique ainsi le Comte de Tournon. À une époque où il n’existe aucun organisme de dépôts ouvert à tous, ils destinent la nouvelle institution aux travailleurs modestes, comblant ainsi un manque dans le paysage économique français. La création des Caisses d’Epargne marque l’avènement de la démocratisation financière. Instrument de lutte contre la pauvreté, elles sont un moyen de moralisation des « classes populaires » aux yeux de leurs administrateurs.


La pédagogie de l’argent

Le projet de la Caisse d’Epargne est aussi de nature pédagogique. Pour changer l’homme, il faut l’éduquer. L’éducation à l’épargne, l’alphabétisation monétaire constituent des éléments clefs de leur projet. Pour ce faire, les fondateurs des Caisses d’Epargne créent un instrument financier novateur, ouvert à tous sans exclusive d’âge ni de sexe (il est accessible aux femmes et aux enfants mineurs), très simple d’utilisation et portant intérêt : le livret. L’apprentissage de l’épargne est également dispensé aux enfants au travers de l’épargne scolaire, initiative née au Mans en 1834. Dès 1838, la Caisse d’Epargne de Lyon propose aux écoles des « tirelires nominatives » afin d’accueillir les économies des élèves qui sont régulièrement versées à la Caisse d’Epargne. La pratique de l’épargne scolaire en Rhône Alpes se popularise dans les années 1880 et connait un important succès pendant près de cent ans. Les actions de formation à l’éducation financière menées aujourd’hui par l’Association Finances & Pédagogie rendent compte de la pérennité de ce projet pédagogique initial.


L’ancrage sur les territoires

Il faut attendre plus de dix ans pour que d’autres Caisses d’Epargne voient le jour en Rhône Alpes : en 1834, celle de Grenoble naît en Isère, tandis que dans l’Ain sont fondées la même année celles de Nantua et de Bourg en Bresse.

En 1835, les Caisses d’Epargne obtiennent une reconnaissance officielle en 1835 et deviennent « établissement d’utilité publique ». Elles conserveront ce statut sui generis si particulier jusqu’à la loi de 1999 et leur transformation en banques coopératives. A la faveur de cette loi de 1835, les créations de Caisses d’Epargne se multiplient alors en Rhône Alpes. En 1880, la région en compte désormais 35. La plupart des Caisses d’Epargne possèdent alors le statut municipal, leur création étant en effet encouragée par les instances gouvernementales et préfectorales. En Savoie, les premières Caisses d’Epargne, nées sous législation sarde et sur le modèle des établissements italiens, recouvrent en 1860 – date du rattachement de la Savoie à la France – des statuts conformes à la législation française.

Ce maillage du territoire est complété par la création de succursales et de bureaux auxiliaires, puis à partir de 1955 par la mise en service de cars succursales. La Caisse d’Epargne invente du même coup la notion de réseau d’agences dans le domaine bancaire. Son succès ne se démentira plus.

Afin de mieux servir leur clientèle, dont le nombre va croissant, les Caisses d’Epargne de la région embauchent peu à peu du personnel et, au départ abritées dans des locaux exigus prêtés par les mairies, s’implantent dans des bâtiments plus vastes. A la fin du XIXe siècle, nombre d’entre elles construisent leurs hôtels » dans un style architectural dit « éclectique » qui fait la part belle à la statuaire et à l’ornementation, et décore frontons et façades de figures allégoriques vantant les vertus de l’épargne et de la prévoyance. Tel est le cas, par exemple, à Lyon, Grenoble, Vienne ou Villefranche…


Le financement d’œuvres d’intérêt général

Depuis 1837, les fonds du livret sont confiés à la Caisse des dépôts et consignations, qui en assure seule la gestion. Ce faisant, les Caisses d’Epargne deviennent de simples collecteurs de fonds, sans aucune initiative sur l’emploi qu’il en est fait.

Elles peuvent néanmoins, à partir de 1895, utiliser une partie de leur fortune personnelle pour financer des œuvres et associations d’intérêt général. Et notamment le logement social. La Caisse d’Epargne de Lyon, en pionnière, n’a pas attendu le législateur pour s’engager dans la construction de logements sociaux. Sous l’impulsion de son président, Felix Mangini, elle subventionne, dès 1886, la Société des logements économiques, dont le but est de fournir aux populations ouvrières des logements sains Sur son exemple, après 1895, de nombreuses Caisses d’Epargne consentent dès la fin du XIXe siècle des prêts pour la construction des habitations à bon marché (ancêtre des HLM). Les Caisses d’Epargne subventionnent également, dans l’entre-deux-guerres, la mise en place de jardins ouvriers, comme à Grenoble et la construction de bains-douches, comme à Vienne, Villefranche sur Saône, ou Voiron. Elles consentent enfin des subventions à de très nombreuses associations de proximité qui œuvrent pour le bien-être des populations locales : dons aux bureaux de bienfaisance, aux hospices de nuit, distributions de subsides aux chômeurs de la ville, aides pour la protection maternelle et infantile, pour la santé publique, etc.

En 1950, une loi autorise les Caisses d’Epargne à utiliser une partie de leurs fonds à des prêts aux collectivités locales et organismes de logement sociaux. Les Caisses d’Epargne Rhône-alpines participent alors pleinement à la modernisation de leur région : financements pour la construction d’HLM, d’écoles, de crèche, de maisons de retraite, d’édifices culturels et sportifs, de bâtiments municipaux, de transports publics, d’ouvrages d’art, de travaux de voiries et d’assainissement…


La bancarisation des activités

Dans les années 1966-67, sous l’impulsion de la réforme des institutions financières, les Caisses d’Epargne sont invitées à développer de nouveaux produits et à moderniser leurs services, pour faire face à la concurrence. La palette de leurs produits s’enrichit rapidement. Dans le même temps, le nombre de salariés augmente, les ouvertures d’agences se multiplient, l’informatique s’inscrit dans le quotidien des agences, les premiers distributeurs automatiques sont installés au début des années 1980.

En 1983, les Caisses d’Epargne sont consacrées « établissement de crédit » et deviennent une banque de plein exercice. Elles peuvent désormais proposer l’ensemble des services et produits bancaires à leur clientèle et s’ouvrent, en 1987, au marché des professionnels et entreprises.


La naissance d’une grande banque régionale

Pour répondre à la diversification de leurs métiers entraînée par la libéralisation de l’environnement économique et financier et la pression de la concurrence, les Caisses d’Epargne rationalisent leur organisation. Cette rationalisation passe par des fusions successives, afin de créer des entités régionales à l’assise financière plus puissante. Les premiers regroupements débutent précocement dans la région Rhône Alpes, dès 1948, avec la fusion des Caisses d’Epargne d’Albertville et Moutiers, puis se poursuivent avec des rapprochements entre établissements voisins dans les années 1950,1960 et 1970. A la fin des années 1970, les Caisses d’Epargne Rhône-alpines sont au nombre de 30, contre 41 au sortir de la seconde guerre. Au cours de la décennie 1980, ce mouvement de fusions s’accélère. En 1990, on ne compte plus que 8 Caisses qui se regroupent, suite à une importante reconfiguration nationale, autour de deux grandes entités : la Caisse d’Epargne des Alpes (créée le 25 octobre 1991) et la Caisse d’Epargne Rhône-Alpes Lyon (née le 4 novembre 1991). Le rapprochement de ces dernières, le 25 mai 2007, donne naissance à la Caisse d’Epargne Rhône Alpes.


La transformation en banque coopérative

En 1999, les Caisses d’Epargne adoptent le statut coopératif. Leur capital est alors ouvert aux sociétaires, par souscription de parts sociales. Aujourd'hui, elles ont plus de 4 millions de sociétaires.

Acteur bancaire régional de premier plan sur le marché des particuliers, la Caisse d’Epargne Rhône Alpes pérennise les liens qu’elle a tissé, depuis l’origine, au plus proche de son territoire, au travers des activités menées auprès des « décideurs en régions », comme au travers des actions d’engagement sociétal qu’elle engage chaque année (microfinance et philanthropie).

 
                

Voir également

Son fonctionnement

La marque Caisse d’Epargne, c’est un réseau de 17 banques régionales indépendantes fédéré par une fédération nationale (la FNCE) et encadré par un organe central (BPCE). Chaque Caisse d’Epargne régionale est dirigée par un directoire sous le contrôle d'un conseil d'orientation et de surveillance (COS).

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Sa dimension coopérative

Proximité, enracinement local : la Caisse d’Epargne compte parmi les premières banques de sa région. Avec une offre complète en bancassurance, elle accompagne dans leurs projets l’ensemble des acteurs économiques qu’ils soient particuliers, professionnels, entreprises, associations, collectivités locales…

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Ses données clés

La Caisse d'Epargne est un acteur de référence auprès des clients particuliers etprofessionnels. Premier financeur de l'économie sociale et solidaire, du secteur public et partenaire incontournable du logement social, elle sert plus de 20 millions de clients dans 4 182 agences.

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