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Son histoire

C'est à Bordeaux qu'est fondée, le 24 mars 1819, la seconde Caisse d'Epargne française, après celle de Paris en 1818. L'on doit cette création précoce à l'enthousiasme zélateur du Comte de Tournon, alors préfet de la Gironde,  qui entraîne avec lui nombre de notabilités locales, notamment le maire de la ville, puis qui préside aux opérations de la jeune Caisse d'Epargne au cours de ses premières années.

A ses yeux, comme à ceux des premiers administrateurs, la Caisse d'Epargne permettra de contrer les risques nés de l'essor de l'ère industrielle et notamment le paupérisme qu'il engendre. Ils entendent offrir au plus grand nombre de leurs concitoyens les moyens de bien utiliser leur argent et de s'émanciper de toute dépendance matérielle. À une époque où il n'existe aucun organisme de dépôts ouvert à tous, ils destinent la nouvelle institution aux travailleurs modestes, comblant ainsi un manque dans le paysage économique français. La création de la Caisse d'Epargne marque ainsi l'avènement de la démocratisation financière.

La pédagogie de l'argent

Leur projet est aussi de nature pédagogique. Pour changer l'homme, il faut l'éduquer. L'éducation à l'épargne et l'alphabétisation monétaire constituent des éléments clefs de leur projet. Pour ce faire, ils créent un instrument financier novateur, ouvert à tous sans exclusive d'âge ni de sexe (il est accessible aux femmes et aux enfants mineurs), très simple d'utilisation et portant intérêt : le livret. L'apprentissage à l'épargne est également dispensé dans les écoles au travers de l'institution de « l'épargne scolaire ». Les administrateurs de la Caisse d'Epargne de Bordeaux portent une attention toute particulière à cette institution qu'ils encouragent et subventionnent à partir des années 1870. Les actions de formation à l'éducation financière menées aujourd'hui par l'Association Finances & Pédagogie, rendent compte de la pérennité de ce projet initial.

L'ancrage sur les territoires

Les Caisses d'Epargne obtiennent une reconnaissance officielle en 1835 et deviennent « établissement d'utilité publique ». Elles conserveront ce statut sui generis si particulier jusqu'à la loi de 1999 et leur transformation en banques coopératives.

Dans la foulée [CDB1] de cette loi, leur création est encouragée dans toute la France par les instances préfectorales et municipales. C'est à cette époque que d'autres Caisses d'Epargne apparaissent dans cette partie de la France : d'abord à Agen, Pau, Bayonne, Angoulême, Cognac, Saint Jean d'Angely et Melle en 1834, puis sur l'ensemble de la région pour atteindre, au début du XXe siècle, le nombre de 61. Leur présence sur les territoires est également amplifiée par la création de nombreuses succursales, qui leur assurent une présence quotidienne au plus près des déposants.

Afin de mieux servir leur clientèle, dont le nombre va croissant, les Caisses d'Epargne d'Aquitaine Poitou Charentes s'implantent dans des locaux plus vastes. En 1847, la Caisse d'Epargne de Bordeaux est la première en France à s'établir dans un bâtiment conçu spécialement pour elle. Son exemple fait florès dans toute la France. Les Caisses d'Epargne de la région font ériger des hôtels où statuaires et ornementations font la gloire de l'épargne, comme à Saint Jean d'Angely ou à Nérac, qui comporte sur son élévation principale le symbole de l'institution : une ruche.

Le financement d'œuvres d'intérêt général

Depuis 1837, les fonds du livret sont confiés à la Caisse des dépôts et consignations, qui en assure seule la gestion. Ce faisant, les Caisses d'Epargne deviennent de simples collecteurs de fonds, sans aucune initiative sur l'emploi qu'il en est fait. Elles peuvent néanmoins, à partir de 1895, utiliser une partie de leur fortune personnelle pour financer des œuvres et associations d'intérêt général. C'est ainsi que les Caisses d'Aquitaine Poitou-Charentes consentent dès la fin du XIXe siècle des prêts pour la construction des habitations à bon marché (ancêtres des HLM). Elles financent également, dans l'entre-deux-guerres, la mise en place de jardins ouvriers et la construction de bains-douches, dont les premiers ont été ouverts à Bordeaux en 1892. Elles consentent enfin des subventions à de très nombreuses associations de proximité qui œuvrent pour le bien-être des populations locales.

En 1950, une loi autorise les Caisses d'Epargne à utiliser une partie de leurs fonds à des prêts aux collectivités locales et organismes de logement social. Les Caisses d'Epargne participent alors pleinement à la modernisation de leur région, grâce aux financements d'HLM, d'écoles, d'hôpitaux, de maisons de retraites, de travaux de voiries, de transports, etc.

La bancarisation des activités

Dans les années 1966-67, sous l'impulsion de la réforme des institutions financières, les Caisses d'Epargne sont invitées à développer de nouveaux produits et à moderniser leurs services, pour faire face à la concurrence. La palette de leurs produits s'enrichit rapidement. Dans le même temps, le nombre de salariés augmente, les ouvertures d'agences se multiplient, l'informatique s'inscrit dans le quotidien des agences, les premiers distributeurs automatiques sont installés au début des années 1980.

En 1983, les Caisses d'Epargne sont consacrées « établissements de crédit » et deviennent des banques de plein exercice. Elles peuvent désormais proposer l'ensemble des services et produits bancaires à leur clientèle et s'ouvrent, en 1987, au marché des professionnels et entreprises.

La naissance d'une grande banque régionale

Pour répondre à la diversification de leurs métiers entraînée par la libéralisation de l'environnement économique et financier et la pression de la concurrence, les Caisses d'Epargne rationalisent leur organisation. Cette rationalisation passe par des fusions successives, afin de créer des entités régionales à l'assise financière plus puissante. Les premiers rapprochements entre établissements de la région interviennent entre 1970 et 1990. À l'aube de 1990, on compte 11 Caisses d'Epargne autonomes, contre 61 jusque dans les années 1970. En 1991, suite à une grande reconfiguration nationale, ces 11 Caisses d'Epargne sont regroupées autour de trois grandes entités : Aquitaine, Poitou-Charentes et Pays de l'Adour. Ces dernières, qui couvrent 2 régions et 9 départements, se réunissent le 14 décembre 2007 pour former la Caisse d'Epargne Aquitaine Poitou-Charentes.

La transformation en banque coopérative

En 1999, les Caisses d'Epargne adoptent le statut coopératif. Leur capital est alors ouvert aux sociétaires, par souscription de parts sociales. Aujourd'hui, elles ont plus de 4 millions de sociétaires.

Acteur bancaire de premier plan sur le marché des particuliers, elle pérennise par ailleurs les liens qu'elle a tissés, depuis l'origine, au plus proche de son territoire, au travers des activités menées auprès des « décideurs en régions », comme au travers des actions d'engagement sociétal qu'elle engage chaque année (microfinance et philanthropie).

 
                

Voir également

Son fonctionnement

La marque Caisse d’Epargne, c’est un réseau de 15 banques régionales indépendantes fédéré par une fédération nationale (la FNCE) et encadré par un organe central (BPCE). Chaque Caisse d’Epargne régionale est dirigée par un directoire sous le contrôle d'un conseil d'orientation et de surveillance (COS).

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Sa dimension coopérative

Proximité, enracinement local : la Caisse d’Epargne compte parmi les premières banques de sa région. Avec une offre complète en bancassurance, elle accompagne dans leurs projets l’ensemble des acteurs économiques qu’ils soient particuliers, professionnels, entreprises, associations, collectivités locales…

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