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Son histoire

Les Caisses d'Epargne de Brest et de Nantes, mises en place à l'initiative de la Chambre de Commerce de la ville sont toutes deux fondées en 1821, ouvrant leurs portes parmi les dix premières en France. Leur implantation dans des ports explique sans doute leur création précoce, les marins recevant en une fois leur solde après un voyage au long cours et constituant pour elles une clientèle privilégiée. A une époque où il n'existe aucun organisme de dépôts ouvert à tous, les créateurs destinent la nouvelle institution aux travailleurs modestes. La création de la Caisse d'Epargne marque l'avènement de la démocratie financière.

La pédagogie de l’argent

Le projet est aussi de nature pédagogique. Pour changer l’homme, il faut l’éduquer. L’éducation à l’épargne, et l’alphabétisation monétaire constituent des éléments clefs de leur projet. Pour ce faire, les fondateurs des Caisses d’Epargne créent un instrument financier novateur, ouvert à tous sans exclusive d’âge ni de sexe (il est accessible aux femmes et aux enfants mineurs), très simple d’utilisation et portant intérêt : le livret. L’apprentissage à l’épargne est dispensé dans les écoles de la région au travers de l’épargne scolaire. Ainsi, Angers, de 1896 à 1931 consacre 2000 francs chaque année à distribuer des livrets dotés à l’occasion de la remise des prix. Les actions de formation à l’éducation financière menées aujourd’hui par l’Association Finances & Pédagogie, rendent compte de la pérennité de ce projet initial.

L’ancrage sur les territoires

Les Caisses d’Epargne obtiennent une reconnaissance officielle en 1835 et deviennent « établissement d’utilité publique ». Elles conserveront ce statut si particulier jusqu’à la loi de 1999 et leur transformation en banques coopératives. Dans la continuité des premières créations, puis stimulées par le législateur, de très nombreuses Caisses d’Epargne voient le jour en Bretagne Pays de Loire  au milieu des années 1830. Après Rennes, qui ouvre ses portes dès 1830, naissent coup sur coup les Caisses d’Epargne de Saint Brieuc, Lorient, Angers, Saumur, Laval, Le Mans, Dinan, etc. En 1841, 20 ans après la création pionnière des Caisses d’Epargne de Brest et Nantes, on en dénombre déjà 37. En 1885, la région compte 62 établissements autonomes.

Le financement d’œuvres d’intérêt général

Depuis 1837, les fonds du livret sont confiés à la Caisse des Dépôts et Consignations, qui en assure seule la gestion. Ce faisant, les Caisses d’Epargne deviennent de simples collecteurs de fonds, sans aucune initiative sur l’emploi qu’il en est fait. Elles peuvent néanmoins, à partir de 1895, utiliser une partie de leur fortune personnelle pour financer des œuvres et associations d’intérêt général. C’est ainsi que de nombreuses Caisses d’Epargne de Bretagne Pays de Loire consentent dès la fin du XIXe siècle des prêts pour la construction des habitations à bon marché : à Nantes, la Caisse fait bâtir et gère deux lots d’habitations à bon marché dès 1903.  A Mamers, en 1933, on érige « des maisons ouvrières destinées aux familles nombreuses » et même … une piscine pour la population de la région. Les Caisses d’Epargne financent également, dans l’entre-deux-guerres, la mise en place de jardins ouvriers et la construction de bains-douches. Elles consentent enfin des subventions à de très nombreuses associations de proximité qui œuvrent pour le bien-être des populations locales : dons aux bureaux de bienfaisance, aides multiples aux associations, comme à Nantes celles spécialisées dans la protection de la petite enfance, distributions de subsides (nourriture, couverture…) aux plus démunis, etc. En 1950, une loi autorise les Caisses d’Epargne à utiliser une partie de leurs fonds à des prêts aux collectivités locales et organismes de logements sociaux. Les Caisses d’Epargne de Bretagne Pays de Loire participent alors pleinement à la modernisation de leur région, grâce aux financements d’HLM, d’écoles, de maisons de retraite, de bâtiments municipaux, de ponts, ou d’importants travaux de voiries et d’assainissement.

La bancarisation des activités

Dans les années 1966-67, sous l’impulsion de la réforme des institutions financières, les Caisses d’Epargne sont invitées à développer de nouveaux produits et à moderniser leurs services, pour faire face à la concurrence. En 1983, les Caisses d’Epargne deviennent des banques de plein exercice. Elles peuvent désormais proposer l’ensemble des services et produits bancaires à leur clientèle et s’ouvrent, en 1987, au marché des professionnels et entreprises.

La naissance d’une grande banque régionale

Pour répondre à l’environnement économique, les Caisses d’Epargne rationalisent leur organisation et créent des entités régionales à l’assise financière plus puissante. Dès 1952, des premiers rapprochements s’amorcent dans les Pays de la Loire. Ces regroupements ne commencent en Bretagne qu’en 1983 pour s’accélérer en quelques années. À l’aube de 1990, on ne compte plus que 14 Caisses d’Epargne autonomes dans la région. En 1991, suite à une grande reconfiguration nationale, deux grandes Caisses régionales voient le jour : les Caisses d’Epargne de Bretagne (15 octobre 1991) et des Pays de la Loire (6 juillet 1993). En 2008, ces deux entités sont à leur tour regroupées au sein de la Caisse d’Epargne Bretagne Pays de Loire.

La transformation en banque coopérative

En 1999, les Caisses d’Epargne adoptent le statut coopératif. Leur capital est alors ouvert aux sociétaires, par souscription de parts sociales. Aujourd'hui, elles ont plus de 4 millions de sociétaires. 

 
                

Voir également

Son fonctionnement

La marque Caisse d’Epargne est un réseau de 15 banques régionales indépendantes fédéré par une fédération nationale (la FNCE) et encadré par un organe central (BPCE). Chaque Caisse d’Epargne régionale est dirigée par un directoire sous le contrôle d'un conseil d'orientation et de surveillance (COS).

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Sa dimension coopérative

Depuis la loi du 25 juin 1999, les Caisses d’Epargne ont adopté le statut de banque coopérative, qui leur permet de marier sa tradition de proximité et d'ouverture au plus grand nombre avec les exigences de l'économie de marché.

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