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Son histoire

C’est à Toulon, le 14 décembre 1832 que la première Caisse d’Epargne de la future entité Côte d'Azur, est portée sur les fonds baptismaux par le maire de la ville.

Grâce à la nouvelle institution, les fondateurs et premiers administrateurs souhaitent contrer les risques nés de l’essor de l’ère industrielle et notamment le paupérisme qu’il engendre. Ils entendent offrir au plus grand nombre les moyens de bien utiliser son argent et de l’émanciper de toute dépendance matérielle. À une époque où il n’existe aucun organisme de dépôts ouvert à tous, ils destinent la nouvelle institution aux travailleurs modestes, comblant ainsi un manque dans le paysage économique français. La création de la Caisse d’Epargne marque l’avènement de la démocratisation financière. Instrument de lutte contre la pauvreté, la Caisse d’Epargne est un moyen de moralisation des « classes populaires » aux yeux de ses administrateurs.

La pédagogie de l’argent

Le projet est aussi de nature pédagogique. Pour changer l’homme, il faut l’éduquer. L’éducation à l’épargne, l’alphabétisation monétaire constituent des éléments clefs de leur projet. Pour ce faire, les fondateurs des Caisses d’Epargne créent un instrument financier novateur, ouvert à tous sans exclusive d’âge ni de sexe (il est accessible aux femmes et aux enfants mineurs), très simple d’utilisation et portant intérêt : le livret. L’apprentissage à l’épargne, dispensé dans les écoles au travers de l’épargne scolaire, les actions de formation à l’éducation financière menées aujourd’hui par l’Association Finances & Pédagogie, rendent compte de la pérennité de ce projet initial.

 

L’ancrage sur les territoires

Les Caisses d’Epargne obtiennent une reconnaissance officielle en 1835 et deviennent «établissement d’utilité publique». Elles conserveront ce statut sui generis si particulier jusqu’à la loi de 1999 et leur transformation en banques coopératives.

Dans la foulée de cette loi de 1835, les autres Caisses d’Epargne des Alpes-Maritimes et du Var voient le jour : en 1835 à Grasse, l’année suivante à Brignoles et Draguignan, en 1844 à Antibes, à Cannes en 1864, Saint-Tropez en 1871, puis Vence en 1881.

En pays niçois, la Caisse d’Epargne possède une histoire plus particulière, qui recoupe celle de l’histoire de France. Elle naît en 1859 à l’initiative du maire de la ville, mais est fondée sous statut sarde, la ville appartenant alors au royaume de Piemont-Sardaigne. Elle passe sous statut français un an après son ouverture, en 1860, date à laquelle la ville de Nice est cédée à la France Les statuts, à l’origine rédigés en italien, sont alors réécrits en français, et les dépôts, en lires, sont convertis en francs.

Ce maillage du territoire de la Côte d’Azur est parallèlement complété par la mise en place de succursales. La Caisse d’Epargne invente du même coup la notion de réseau d’agences dans le domaine bancaire. Son succès ne se démentira plus.

Afin de mieux servir leur clientèle, dont le nombre va croissant, les Caisses d’Epargne de la région embauchent peu à peu du personnel et s’implantent dans des bâtiments plus vastes. Au départ abritées dans des locaux exigus prêtés par les mairies, certaines construisent, au début du XXe siècle, leurs propres hôtels, comme à Toulon, où le bâtiment, bâti en 1897, deviendra célèbre pour son campanile orné d’une plaque émaillée représentant une ruche et une abeille.

 

Le financement d’œuvres d’intérêt général

Depuis 1837, les fonds du livret sont confiés à la Caisse des dépôts et consignations, qui en assure seule la gestion. Ce faisant, les Caisses d’Epargne deviennent de simples collecteurs de fonds, sans aucune initiative sur l’emploi qu’il en est fait. Elles peuvent néanmoins, à partir de 1895, utiliser une partie de leur fortune personnelle pour financer des œuvres et associations d’intérêt général. C’est ainsi que les Caisses d’Epargne des Alpes-Maritimes et du Var consentent dès la fin du XIXe siècle des prêts pour la construction des habitations à bon marché (ancêtre des HLM). Elles financent également, dans l’entre-deux-guerres, la mise en place de jardins ouvriers et la construction de bains-douches comme à Grasse. Elles consentent enfin des subventions à de très nombreuses associations de proximité qui œuvrent pour le bien-être des populations locales : dons aux bureaux de bienfaisance, aux associations de protections maternelles et infantiles, aide aux personnes âgées, etc.

En 1950, une loi autorise les Caisses d’Epargne à utiliser une partie de leurs fonds à des prêts aux collectivités locales et organismes de logements sociaux. Les Caisses d’Epargne des Alpes-Maritimes et du Var participent alors pleinement à la modernisation de leurs départements, grâce aux financements d’HLM, d’écoles, de maisons de retraite, de bâtiments municipaux, de ponts, de travaux de voiries, etc..

 

La bancarisation des activités

Dans les années 1966-67, sous l’impulsion de la réforme des institutions financières, les Caisses d’Epargne sont invitées à développer de nouveaux produits et à moderniser leurs services, pour faire face à la concurrence. La palette de leurs produits s’enrichit rapidement. Dans le même temps, le nombre de salariés augmente, les ouvertures d’agences se multiplient, l’informatique s’inscrit dans le quotidien des agences, les premiers distributeurs automatiques sont installés au début des années 1980.

En 1983, les Caisses d’Epargne sont consacrées « établissement de crédit » et deviennent une banque de plein exercice. Elles peuvent désormais proposer l’ensemble des services et produits bancaires à leur clientèle et s’ouvrent, en 1987, au marché des professionnels et entreprises.

 

La naissance d’une grande banque régionale

Pour répondre à la diversification de leurs métiers entraînée par la libéralisation de l’environnement économique et financier et la pression de la concurrence, les Caisses d’Epargne rationalisent leur organisation. Cette rationalisation passe par des fusions successives de Caisses d‘Epargne, afin de créer des entités régionales à l’assise financière plus puissante. Dans la région, les premiers rapprochements débutent en 1969 par la fusion de Toulon et Brignoles, se continuent en 1974 par celle de Nice et de Puget-Théniers, créée en 1881. A l’aube des années 1990, après les fusions d’Antibes avec Vence, de Draguignan avec Saint-Tropez et de Cannes avec Grasse, les départements des Alpes-Maritimes et du Var ne comptent plus que 4 Caisses d’Epargne autonomes.

Le 25 octobre 1991, elles se regroupent autour d’une seule et même entité : la Caisse d’Epargne Côté d’Azur est née.

 

La transformation en banque coopérative

En 1999, les Caisses d’Epargne adoptent le statut coopératif. Leur capital est alors ouvert aux sociétaires, par souscription de parts sociales. Aujourd'hui, elles ont plus de 4 millions de sociétaires.

Acteur bancaire régional de premier plan sur le marché des particuliers, elles pérennisent par ailleurs les liens qu’elles ont tissés, depuis l’origine, au plus proche de leurs territoires, au travers des activités menées auprès des « décideurs en régions », comme au travers des actions d’engagement sociétal qu’elles engagent chaque année (microfinance et philanthropie).

 
                

Voir également

Son fonctionnement

La marque Caisse d’Epargne, c’est un réseau de 15 banques régionales indépendantes fédéré par une fédération nationale (la FNCE) et encadré par un organe central (BPCE). Ces Caisses d’Epargne régionales sont dirigées par un directoire sous le contrôle d'un conseil d'orientation et de surveillance (COS).

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Sa dimension coopérative

Proximité, enracinement local : la Caisse d’Epargne Côte d'Azur compte parmi les premières banques de sa région.

Avec une offre complète en bancassurance, elle accompagne dans leurs projets l’ensemble des acteurs économiques qu’ils soient particuliers, professionnels, entreprises, associations, collectivités locales… > Lire la suite