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Nicole Etchegoïnberry "Les femmes doivent oser se mettre en avant"

La place des femmes dans l'encadrement des entreprises ? Il y a encore beaucoup de travail à faire, à en croire Nicole Etchegoïnberry, la présidente du directoire de la Caisse d'Epargne Loire-Centre.

A la tête de l'association les Elles de BPCE, elle œuvre au développement de réseaux féminins au sein des sociétés du groupe. Explications.

La parité est-elle un sujet qui a progressé en entreprise ces dernières années ?

Nicole Etchegoïnberry : On peut noter des prises de conscience, et la loi Zimmermann-Copé de janvier 2011 sur la représentation au sein des conseils d'administration et de surveillance a pu être un déclic supplémentaire. Cependant, la mixité reste un vrai sujet dans de nombreux secteurs d'activité, et la banque en fait partie. On a beaucoup de choses à faire, notamment en ce qui concerne la place des femmes parmi les cadres dirigeants et les dirigeants.

Qu'en est-il au sein du groupe BPCE ?

Nicole Etchegoïnberry : Nous comptons plus de 50 % de femmes toutes catégories confondues, environ 30 % parmi les cadres managers et près de 10 % au sein des cadres dirigeants et dirigeants. Nous avons donc des ambitions à porter et nous pouvons compter en cela sur François Pérol, le président du directoire de BPCE. Il souhaite pousser cette mixité dans les équipes.

Avoir un chef d'entreprise moteur est d'ailleurs un élément clé pour faire avancer les sujets dans les sociétés. Nous comptons désormais quatre femmes sur les 36 dirigeants des Caisses d'Epargne et des Banques populaires, contre une seule début 2009.

Les femmes peuvent-elles, par elles-mêmes, faire évoluer cet état de fait ?

Nicole Etchegoïnberry : Elles se créent parfois elles-mêmes des freins. Il faut leur apprendre à les lever. Elles doivent bien avoir à l'esprit que les règles de l'entreprise ne sont plus celles observées à l’école. Si elle travaille bien, ce n'est pas pour autant qu'on viendra les chercher pour leur proposer des postes à responsabilité. Il faut donc oser, se montrer. Les femmes apparaissent dans le même temps souvent moins carriéristes que les hommes.

Elles refuseront parfois de se porter candidates sur des postes, estimant ne pas posséder toutes les qualités requises. Un homme se posera moins de question. Enfin, le rôle des réseaux est central. Et en cela, les hommes ont une sérieuse avance, car eux déjà dans la cour d’école...

C'est en ce sens que vous avez créé en février 2012 l'association les Elles de BPCE...

Nicole Etchegoïnberry : Oui, notre vocation première est de mettre en place des réseaux de femmes dans toutes nos entreprises. Nous regroupons ainsi 260 femmes présentes dans l'encadrement supérieur. Notre but est évident : que ces femmes soient « visibles » et « lisibles » par les décideurs. Le développement de réseaux peut également offrir un utile partage d'expériences. Il peut d'ailleurs aller même au-delà des frontières de notre Groupe : dans le cadre de nos activités, nous côtoyons de plus en plus les membres d’autres réseaux de Femmes.

Quel conseil donner aux chefs d'entreprise pour développer cette mixité que vous appelez de vos vœux ?

Nicole Etchegoïnberry : En matière de management, il faut que les hommes « aillent chercher » ces femmes de talent qui sont nombreuses dans les entreprises. Elles ne se mettront souvent pas en avant d'elles-mêmes. Il est donc nécessaire de donner une impulsion en leur direction.

Cela ne pourra d'ailleurs qu'être positif pour l'entreprise : des études ont mis en évidence une corrélation entre mixité des équipes dirigeantes et rentabilité économique.